Le Désir

Le désir est l’énergie fondamentale de la création. Sans désir, le Créateur n’aurait pas créé quoi que ce soit. Comme nous sommes créés à son image, nous avons le désir en héritage.

Le désir est en même temps notre plus grande force et notre plus grande faiblesse, notre plus grand danger. Il est à l’origine de nos peurs les plus profondes, si nous n’avions pas le désir de vivre, nous n’aurions pas peur de la mort. 

Si nous laissons nos désirs nous conduire sans être en contrôle de ce qui nous pousse, nous devenons esclaves de nos désirs. Le désir est un cheval ailé qui peut nous emmener n’importe où, mais il peut aussi nous désarçonner si nous ne le maîtrisons pas. Il est l’appât de tous les pièges. Si la souris ne désirait pas le fromage, elle ne se laisserait pas piéger.

Il convient donc dans un premier temps d’apprivoiser le désir, l’observer calmement, sans bouger. Commencer par ne rien faire, observer les vagues d’énergie qui traversent le corps, la pensée, l’émotion. Prendre connaissance de ce désir, voir où il nous mène, quel est le vide qu’il tend à combler.

Le processus créatif est un acte « chamanique ». Le chaman aide le patient à créer les conditions d’un changement. Créer, c’est manifester quelque chose qui n’existait pas précédemment en dehors du champ des possibles. Pour que ce changement se manifeste, il est nécessaire de mettre en place des conditions qui vont permettre que ce changement s’opère. C’est comme une réaction chimique ou une recette de cuisine, les bons ingrédients en dose juste doivent être présents, sinon, on obtient autre chose que le résultat désiré.

Il y a une part d’inconnu dans le processus créatif, une part que nous invitons à se manifester. Le mental conscient ne perçoit qu’une infime part de ce qui est. Il est conçu pour se focaliser sur une portion extrêmement réduite de la création, afin d’en faire pleinement l’expérience et d’en appréhender tous les aspects. Ce mental conscient siège dans notre cerveau gauche, analytique, logique, il mesure et compare les expériences et fait des choix. 

La part d’inconnu nous est accessible par notre cerveau droit, qui fonctionne comme un récepteur multi-fréquences, un poste de radio qu’il nous faut régler sur la bonne longueur d’onde afin de capter les énergies subtiles du champ des possibles. C’est uniquement de là que peuvent arriver les changements. Tant que nous restons dans la zone de « confort » de ce que nous connaissons, nous perpétuons le passé. Seul l’inconnu peut apporter une expérience nouvelle, un changement. 

Nous devons donc franchir le pas et « sauter dans le vide », faire confiance, lâcher prise, nous abandonner à ce qui vient. Une fois que l’information arrive du cerveau droit, nous la laissons nous traverser, se manifester à travers nous, nous sommes un « canal » d’informations, d’énergies, que nous laissons passer sans résistance. 

Ce n’est qu’une fois que nous avons fait l’expérience de cette nouveauté, que nous pouvons faire le choix de changer la fréquence, pour ajuster le résultat, et nous avançons ainsi, par approches successives, vers ce que nous désirons manifester.

La créativité est donc une collaboration entre les deux cerveaux. Le cerveau gauche applique un processus, un rituel, un protocole de communication qui le connecte au cerveau droit. Le cerveau gauche envoie au cerveau droit une invitation à se manifester. Il règle la fréquence et il écoute. Pour écouter la radio, vous devez allumer le poste et régler la fréquence. C’est aussi simple que cela.

Pour faire quelque chose de simple, il nous faut nous débarrasser de tout ce qui complique et se met en travers de ce processus de communication. C’est le but de la méditation, laisser tomber le superflu, tout ce qui n’est pas utile, afin de ne garder que l’essentiel. 

Les principes de base du processus Vedic Art ont été enseignés à Curt Kallman par Maharishi Mahesh Yogi, qui nous a également transmis la Méditation Transcendantale. Le Vedic Art est une application du Veda, enseignement ancestral, permettant de créer en conscience, d’agir en méditant.

Créer, c’est chercher, essayer, changer, ajuster, affiner, explorer, découvrir, expérimenter, contempler, admirer, s’émerveiller, aimer, vibrer, donner… vivre.

Pour créer ce texte que vous êtes en train de lire, je me mets à l’écoute de mon désir, je pose des mots, des phrases, je relis, je change des mots, j’ajoute des phrases, des virgules, des points, je mets en forme, je sépare les idées en paragraphes afin de donner une structure à ce discours. J’étaye les idées avec des exemples vécus, des émotions, des images, pour donner à ressentir. 

Quand je suis fatigué, je me repose, je fais autre chose, je respire, je sors faire un tour, manger ou boire quelque chose, vivre… c’est cela le processus créatif, c’est notre rôle, notre raison d’être là. Désirer et créer sont des fonctions indispensables à la vie. Nous sommes un organe de l’univers, nous faisons partie intégrante de la création, nous sommes un organe de production, nous participons à la création de l’univers.

Quand rien ne vient, ce qui vient c’est le rien. Le rien fait partie du champ des possibles, c’est une partie indispensable du processus de création, nécessaire au repos, à la ponctuation, à la remise en question, au passage à autre chose, c’est l’espace vide entre les mots. Le rien nous indique une transition, la fin de quelque chose et la gestation d’autre chose. Le rien peut être angoissant si nous manquons de confiance. Il peut nous donner l’impression d’être abandonné, vide, inutile. Mais le rien est utile, il fait partie de l’expérience, c’est du rien que nait le désir de quelque chose, il nous invite à définir ce que nous désirons et à le créer.

La confiance fait partie de l’apprentissage. Lorsque nous doutons, nous devons faire une pause et aller plus profond, faire l’expérience de ce vide indicible d’où émerge tout ce qui est. Le rien, le néant, est l’expérience ultime, il n’y a plus que la conscience d’être conscient de ce vide, c’est l’expérience du Créateur qui prend conscience d’Etre, au milieu de nulle part, au milieu du vide originel, c’est l’expérience initiatique nous permettant de reprendre contact avec notre nature divine, notre essence, notre responsabilité première d’Etre éternel, capable de choisir de créer ou pas. Ce choix est nôtre pour l’éternité, c’est ce qui fait de nous des êtres libres, nous avons toujours le choix, et la responsabilité de ce choix.

Le rien est le point zéro de la création, c’est de la conscience du néant que nait le désir. 

Cadeau 🙂