Exploits et quête d’admiration. Comment se simplifier la vie en préservant sa liberté.

J’ai trouvé un cours qui enseigne comment développer une mémoire photographique. Avec cet entraînement, vous pouvez, en une soirée, rencontrer 50 personnes et vous souvenir du prénom de chacune, ainsi que de tous les détails les concernant. J’ai suivi ce cours et je ne l’ai jamais terminé, un vrai travail mental qui doit se faire en tâche de fond pendant que vous restez tout à fait naturel et que personne ne se doute de rien.

Je me suis rendu compte que je n’avais nul besoin de rencontrer 50 personnes dans une soirée. Quand je suis dans une soirée, je me promène pour voir si je suis attiré par quelqu’un. Je prends mon temps, je ne me décide pas tout de suite, je fais d’abord le tour, tranquillement, en regardant, sans aborder quiconque.

Avant même que je me décide à m’approcher de quelqu’un, il arrive que ce soit moi qui soit abordé. Alors j’écoute la personne, et j’écoute mon ressenti. Je détermine si la vibration générale m’intéresse, me plait. Puis, juste avec mon attitude, intéressée ou « polie », je fais que la personne reste et approfondisse la relation, ou bien qu’elle s’en aille simplement après avoir compris que je préférais ne pas poursuivre la rencontre.

Je ne me sens pas obligé de rencontrer plein de gens, ni même une seule personne, je prends mon temps. Quand on arrive quelque part, on peut toujours, simplement par son attitude, rester réservé, observateur, ne pas s’impliquer dans les conversations, et ainsi rester libre, extérieur, presqu’invisible. 

Alors, je reste à l’écoute de mon ressenti, est-ce que quelqu’un m’intéresse vraiment dans cette soirée, est-ce que je me sens attiré, intéressé, par quelqu’un ? Et si c’est le cas, je regarde la personne discrètement, en me demandant qu’est-ce qui m’intéresse chez cette personne, son attitude, son look ? Qu’est-ce que ce détail me dit sur cette personne ? J’observe ma propre curiosité, et j’identifie mes propres motivations. Qu’ai-je à gagner là ? Pourquoi est-ce que je m’intéresse à cette personne, qu’est-ce que je cherche ?…

… et si la raison que je trouve est authentique, qu’elle vient du coeur, que je sens une réelle affinité, voir de l’amour, pour cette personne, alors je m’approche doucement. Si elle parle, je l’écoute, et si elle écoute, j’écoute ce qu’elle écoute, je regarde ce qu’elle regarde, je m’intéresse à ce qui l’intéresse. Je règle mon attitude, mon rythme, en fonction des siens, je me mets au diapason, je me syntonise énergétiquement pour m’harmoniser doucement avec cette personne, afin qu’elle sente ma présence comme amicale et agréable, paisible. 

Je choisis de ne pas faire de concession sur ma propre énergie, je ne descends pas mon énergie, je ne m’accorde pas avec des vibrations qui me rendent complice d’attitudes critiques, ironiques, médisantes ou toutes émotions négatives. Car dès le début, si je sens cela et que je m’y accorde, je me compromet et la personne va sentir que c’est moi qui m’adapte à elle, et donc qu’elle me domine. En faisant cela, je me soumet à sa vibration et elle le sent, même inconsciemment, et un jeu s’installe qui va me nuire, au minimum en y perdant mon temps et mon énergie, et si je ne réagis pas assez vite, je peux y perdre mon intégrité et ma liberté.

Alors, avec cette approche douce, en restant à l’écoute de mon ressenti, je fais une rencontre authentique, agréable, je partage un moment de pur plaisir avec quelqu’un que j’ai choisi, sans rien forcer, et si la relation s’approfondit, je n’ai aucun mal à me souvenir du prénom de cette personne avec qui je peux, ou pas, finir la soirée.

Je n’ai pas besoin de rencontrer 50 personnes en une soirée, je n’ai pas besoin de faire des exploits, je n’ai pas besoin d’épater les gens ni moi-même, je n’ai pas besoin de forcer ma nature pour plaire ou devenir spectaculaire. Mon sport favori n’est pas de faire plus, mais de faire moins, ce n’est pas d’aller plus vite, mais moins vite. Je cherche volontairement à réduire, à simplifier, à enlever tout le superflu, pour me focaliser sur l’essentiel, la petite chose qui compte plus que tout le reste. Je sélectionne et je me spécialise sur ce qui m’intéresse, me fait du bien, me rend heureux, ce qui fait chanter mon coeur… je choisis avec le coeur, en écoutant où il a envie d’aller. Et là, les exploits mentaux et intellectuels n’ont aucune importance.

Si pour plaire à quelqu’un, dans une soirée ou ailleurs, vous vous sentez le désir de faire des exploits pour être remarquable, vous affichez clairement que vous avez la croyance que votre simple présence paisible ne suffit pas, que votre être est insuffisant et qu’il vous faut faire quelque chose de spécial pour compenser votre insuffisance. Si vous cherchez ainsi à vous valoriser, c’est que vous pensez que vous n’avez pas assez de valeur, et là, même inconsciemment, la personne en question le sent, et peut soit vous dominer, soit se moquer de vous, soit vous ignorer… vous vous êtes dévalorisé en essayant de vous valoriser… Suivant l’état de la personne en question, vous recevrez de la compassion, de l’indulgence, des conseils, du mépris… mais pas l’admiration que vous cherchiez.

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